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Rencontre avec Sébastien de Courtois

Rencontre avec Sébastien de Courtois EEK
Il n’ose encore se présenter comme écrivain, mais Sébastien de Courtois en a pris le chemin. Il s’est imposé dans les médias français comme un spécialiste des chrétiens d’Orient, puis il s’est fait connaître par un voyage sur les traces de Rimbaud, depuis Tadjoura et l’Éthiopie, jusqu’à Alexandrie.

Dans son septième livre, érudit et sensible à la fois, il raconte Istanbul, sa ville  d’adoption.

Vous avez quitté la robe d’avocat, spécialiste du droit des affaires pour la plume d’universitaire, voyageur, journaliste et écrivain, comment franchit-on le cap ?
J’ai réalisé que je m’ennuyais dans la pratique du droit. Quand on réalise que l’on ne fait pas bien ce que l’on fait, il ne faut pas hésiter à changer. Même si on doit prendre des risques et tout sacrifier. J’ai abandonné toute rémunération pour reprendre des études à 28 ans à l’École Pratique des Hautes Études (EPHE). J’avais besoin d’une légitimité pour devenir journaliste et je voulais y entrer par la grande porte. J’y ai fait un diplôme d’études approfondies (DEA) sur les chrétiens  d’Orient et les monastères araméens du sud-est de la Turquie.

Pourquoi Istanbul ?
Istanbul est une ville qui m’a toujours intéressé, avec laquelle j’ai entretenu dès le début une relation passionnelle et ambivalente. Je me souviens encore des premières odeurs, lors d’un premier voyage dans les années 1990, lorsque je me suis fourré dans les artères tortueuses de son bas-ventre et que, le sommeil ne
venant pas, je suis parti dans une errance mélancolique sur les rives du Bosphore, des heures la tête tournée vers les étoiles, pensant qu’elles devaient avoir ici un éclat différent. J’avais besoin de ce genre de compromis, celui d’une ville intense et le besoin de dépaysement. Les gens d’Istanbul sont aussi à part et
accueillants.

Votre saison préférée ?
Istanbul est pour moi une ville d’hiver, un sentiment que j’ai découvert dès les premières neiges. Ce n’est pas courant, mais néanmoins surprenant, une semaine par an peut-être où la ville grandiose se transforme en ville de l’intime. On se précipite dans les cafés. La ville se paralyse, le temps se fige. Le froid gèle les sentiments du présent, ceux de l’amour et permet la redécouverte des quartiers perdus.

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Retrouvez l'article en intégralité dans Globe-trotters Magazine n°155.